Façade

En réponse au prompt du Daily Post d’aujourd’hui  » Façade « . Je vous présente un texte écrit cet été, à la base en réponse à un AT mais qui n’a jamais donné suite, alors voilà, au moins il à un petit coin qui lui sera réservé ici. Au plaisir de lire vos commentaires ou remarques 😀

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( photographe Léon Herschtritt )

Aujourd’hui, j’ai réfléchi et découvert une chose (intéressante) sur ma qualité d’humain. Aujourd’hui j’ai compris que je ne saurai jamais qui je suis avant d’être confronté à ma mort. Le chat se mord la queue car alors je ne serai plus là (physiquement) pour me l’expliquer. Partant du postulat que jamais je ne pourrais répondre à cette question de mon vivant, est-ce bien utile de me questionner si souvent ? C’est vrai, la réponse évolue perpétuellement, le seul jour où x étant un inconnu deviendra connu sera celui de mon trépas. Pourquoi tant m’en soucier ? Lire la suite de « Façade »

Do you Believe in Magic ?

In response to The Daily Post’s writing prompt: « Do you Believe in Magic?. »

Film de Gore VERBINSKI Naomie HARRIS

Aujourd’hui était un jeudi normal, tout ce qu’il y à de plus jeudiesque. Jour de repos mis à profit pour rattraper ma vaisselle de retard, ma lessive de retard, remplir mes placards, et esquiver les cons de collègues. Un jeudi comme les autres, rythmé par des habitudes bien encrées, presque chronométrées, une routine à vous faire pâlir en somme. Si tant est que le jeudi dernier j’avais oublié de racheter la lessive. Résultat : me voilà partie pour faire des courses avec trois heures d’avance sur mon planning habituel. Si j’avais su. Bon, toujours est-il que je me pointe à mon hypermarché de quartier avec la belle intention comme d’habitude de ne pas dépenser plus que nécessaire. C’est une intention habituelle que je ne tiens jamais. Je suis comme tout le monde je regarde des pubs à la télé, donc, l’envie gère mon porte-monnaie plus que mes belles intentions de ne pas contrarier mon banquier. Je commençais alors à remplir mon panier de victuailles toutes plus mauvaises les unes que les autres pour ma santé. J’ai quand même réussi à faire une bonne action, car j’ai reposé un pot de Nutella, donc indirectement j’ai sauvé un Oran-outang, c’est toujours ça de fait à mon échelle. Evidemment je pense à ma lessive oubliée au moment où je dépose tout mes articles sur le tapis roulant, et je file au rayon lessive prendre un bon litre d’un liquide rose fuschia inquiétant mais qui à le mérite de sentir bon. Je paye l’addition qui s’arrondit au double de mon budget prévu, normal. Et c’est en rentrant que c’est arrivé.

On imagine pas ce genre de choses, enfin peut-être à l’adolescence, mais plus maintenant. J’ai croiser ma meilleure pire ennemie en rentrant chez moi. Les ex-femmes c’est un truc que toutes les femmes connaissent. Si, vous le savez, c’est obligé, même les pas-jalouses savent un tant soit peu ce que c’est, cette boule de rage qui s’embrase quand vous la croisez. Je l’ai vu au loin donc elle ne m’a pas reconnu. Elle ne m’a pas vu quand j’ai posé le sac de courses par terre parce qu’il me détruisait littéralement l’épaule. Je m’apprêtais à reprendre mon chemin quand j’ai bloqué sur sa silhouette. Fixement, je l’avoue, la jalousie est un vilain défaut, pourtant j’essaye de ne pas prêter attention à son existence sur Terre. J’y met toute mes forces, mais le destin est moqueur et persiste à vous rappeler vos faiblesses au moment les moins opportuns. J’avais un millions de choses à faire aujourd’hui, et observer de loin l’ex de mon mari ne faisait pas parti de mes plans. C’est pourtant ce que mon esprit malade à fait pendant plusieurs minutes, bêtement. Plusieurs minutes c’est long… Je ne sais même pas pourquoi je l’ai fait, je l’ai juste fait, inconsciemment sur l’instant. Même quand ses longs cheveux roux ont pris feu je n’ai pas tout de suite pris conscience. Je la regardais seulement. Avec une rage contenue qui me rongeais depuis des années. Avec du recul je devais avoir l’air carrément flippante. Je me connais, avec mon regard noir qui fusille les pétasses… 

C’est quand je l’ai entendue hurler que mon regard s’est débloqué. J’ai comme « ré-atterris » en pleine réalité. Et elle était là à quelques centaines de mètres de moi, criant à l’aide, s’embrasant littéralement, des mèches rousses luttaient encore contre les flammes et elle jetait son écharpe par terre où le feu continuait de lécher chaque parcelle de tissus. Je fus terrifiée. Par mes pensées … Comment … ? Non … Impossible ! Je n’avais pas pu déclencher cela, c’était juste … irréel. Les passants venaient l’aider et éteignirent le feu, et je reprenais mon sac trop lourd pour moi. Je rentrais chez moi aussi vite que possible, sans prendre le temps de ranger les courses ni même de fermer la porte à clé, je m’affalais sur mon fauteuil en cuir et réfléchis un long moment. 

J’étais certaine d’avoir songer que j’aimerais la faire brûler vive tant je la haïssait. Pourquoi avais-je penser cela ? Je veux dire, il m’étais déjà arrivé de souhaiter sa mort, deux fois, ou trois, quand un conflit à son propos pointait le bout de son nez dans mon couple. Mais mon mari et moi n’avions plus parlé d’elle depuis des semaines, j’avais presque réussi à l’enlever de mon tableau de pensées négatives hebdomadaires. Pourquoi ais-je pensé à ça ? Je réalisais soudainement que j’était dans l’erreur. Le soucis n’était pas que j’y ai pensé. Le soucis était que cela s’était réalisé !! Comment une t-elle chose pouvait être réelle ? Je perdais totalement pieds. Une grand mère un peu folle m’avait un jour dis que j’avais une force que je ne soupçonnait pas. Je n’avais pas écouter la suite de son discours en songeant que la folie gagnait peu à peu son cerveau. Après quelques temps de réflexion et malgré un gros retard sur mes tâches quotidienne je composais le numéro de téléphone de cette grand mère qui avait toujours été en marge de la famille. Un cousin éloigné me répondit et m’annonça que la vieille femme avait été retrouvée morte la veille, baignant dans sa sueur, et qu’une lettre m’était justement destinée. Je n’avais jamais eu de relation particulièrement poussée avec cette femme et cela me fit un étrange effet d’apprendre cela.

Aujourd’hui devait être un jour comme les autres, un jeudi classique, et ce fut le jour où toute ma vie changea. Oubliant la lessive, les courses, l’école des enfants et le dîner du soir je roulais, rattrapant au plus vite les 300 kilomètres qui me séparait d’une possible explication du drame qui m’était arrivé ce midi. J’avais enflammé l’ex femme de mon mari, si les passants n’étaient pas intervenus peut-être l’aurais-je vraiment tuer ? Étais-ce seulement moi l’origine de cela ? Tout se bousculait, tout était mélangé dans mon esprit. Je continuait à avaler des kilomètres sans même penser au sort de ma victime ni à ce qu’elle avait pu ressentir. Mon nombril était tellement plus joli, mes problèmes étaient tellement plus importants, je retournais ce qui m’était arrivé aujourd’hui en boucle quand une phrase se fit une place dans mes pensées. Je souris.

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » 

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